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Pour une nouvelle stratégie du Commerce Extérieur de la France

6092012

En ces temps de mutations économiques, et parce que je partage sa vision, je reprends in extenso dans ce billet, l’excellent plaidoyer de mon ami Jacques Aurin, Secrétaire Général des N°1 Mondiaux à l’Export.

Aujourd’hui plus que jamais, le déficit de notre commerce extérieur devient un problème central. A 40 milliards d’euros et une perte systématique de nos parts de marché mondial, il est temps de réagir vigoureusement.

Le déficit de notre commerce extérieur est un frein à notre indépendance. Son importance  montre que notre pays n’est plus dans la course. Nous retrouvons 20 ans plus tard la situation, qui avait été la raison de la création du Club des N°1  mondiaux français à l’exportation.  Nous avions réussi à surmonter cette situation. Mais l’euro surévalué et la réduction du temps au travail obèrent notre offre en produits exportables.

Le développement international est conditionné par trois éléments :

1.        l’importance du risque

2.        le temps disponible du chef d’entreprise

3.        la compétitivité du pays

Pour les entreprises, aller à l’international, est toujours un projet plus risqué que de réaliser son développement à proximité. L’échec est alors plus souvent au rendez-vous qu’on ne le pense. Or les échecs demandent les mêmes moyens financiers que les succès et seuls les succès assurent la  rentabilité des capitaux investis. Si  la France veut exporter, elle devrait lancer plus de projets. Le taux de succès baissera mais malgré un taux d’échec plus élevé, le nombre de réussites sera plus élevé. Ainsi avec un taux de réussite des 2/3 sur 100 projets nous aurons 66 réussites, mais si nous lançons 200 projets avec un taux de succès de 50%, nous aurons 100 réussites. La rentabilité de ces 100 réussites devra être plus importante que dans le cas précédent.

Nous affirmons que la rentabilité moyenne des entreprises françaises, ne permet pas d’avoir un taux d’échec supérieur à 30%, alors que la rentabilité moyenne dans d’autres pays permet de financer plus d’opérations. Cela d’ailleurs vaut pour toutes les activités à risque pour la préparation de l’avenir, par définition incertain.

Le temps disponible. Avec la complexité interne et les 35 heures, le Chef d’entreprise ne peut plus se consacrer à l’essentiel de sa mission. Tant que le chef d’entreprise sera plus efficace en travaillant le code des impôts, en maîtrisant la législation sociale, qu’en allant chercher des clients, mettre au point de nouveaux produits et développer de nouveaux marchés, la France sera malade de son Commerce Extérieur .

Le remède pour notre indépendance nous appartient. Rappelons-nous la 4ème république, nous ne pouvions prendre nos décisions. Chaque année, « l’impasse », nous rappelait un grand principe de base :« qui ne peut payer est aux ordres ».

Avec le club des N°1  mondiaux français à l’exportation, nous avons  participé au redressement de notre balance commerciale. Nous avons fait comprendre que  nos structures industrielles, plus fragiles que celle de l’Allemagne, nous pénalisaient  dès lors que le Franc puis l’€ s’appréciaient trop fortement. Ainsi nous achetons moins chers les produits importés, mais nous vendons tellement moins de produits que le solde est en notre défaveur. Sur  le marché domestique, les prix sont tirés vers le bas, la rentabilité interne des entreprises diminue et cette réduction obère le potentiel d’avenir.

L’Allemagne qui a construit son industrie à l’abri d’un DM sous évalué pendant 18 ans, a renforcé ses structures internes dans des activités à la demande quasi inélastique. Si l’euro s’apprécie, les prix des importations  diminue, et la valeur des importations décroît, mais dans le même temps les exportations en volume baissent  peu, et l’excédent commercial s’accroît. Ce que nous constatons aujourd’hui.

Notre économie est plus sensible à la politique monétaire. L’absence de nuance de la politique monétaire de la BCE la pénalise lourdement. Pourquoi relever les taux d’intérêt dès lors que le dollar se déprécie ? L’effet de la hausse de l’euro n’est-il pas suffisamment récessif pour nous épargner la hausse des taux d’intérêt de la BCE ?  Mais malheureusement la politique monétaire Européenne ne tient aucun compte de la glaciation de structures économiques de la France.

Nous enrageons de voir que l’on se gargarise de mots :

1.        on dit que les entreprises françaises sont compétitives. C’est évident, puisqu’elles existent. Mais on ne parle pas de toutes celles qui auraient pu exister.

2.        oui la productivité des entreprises françaises est supérieure à celle des entreprises américaines, car si tel n’était pas le cas, il nous serait impossible de rivaliser avec elles. La vraie mesure de notre productivité n’aurait un sens qu’en situation de plein emploi.

3.        oui les entreprises françaises sont attractives pour les investisseurs étrangers. En raison de leurs faibles résultats, elles ne sont pas chères à acquérir. Pourquoi 60% des entreprises N°1  mondiales françaises sont en 20 ans, passées sous capitaux étrangers ?

4.        Pourquoi est il plus facile de diriger une entreprise en étant étranger qu’en étant français ?

L’indépendance de la France exige  l’amélioration de notre commerce extérieur.

A court terme il faut redonner du tonus par des baisses d’impôts significatives pour les entreprises exportatrices. Nous  suggèrons une réduction de l’impôt de 10% à 15%  du CA réalisé à l’exportation.

Le futur ministre du Commerce Extérieur doit faire porter l’effort de son ministère, là où il y a des parts de marché à gagner, et non là où le terrain est déjà occupé. Ce n’est plus sur les États-Unis en GB ou même en Chine que l’Etat doit faire porter son effort, la sphère privée est capable d’y prendre le relais. Renforçons-nous en Russie, en Asie Centrale, dans tous les pays dans lesquels nous sommes peu présents et qui entrent dans la sphère du développement.

A plus long terme le ministre du Commerce Extérieur doit participer aux décisions qui concernent les entreprises, car la solution au déficit de notre commerce extérieur est chez nous.

Jacques AURIN

 

 







Fidel T. CAPO-CHICHI |
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